
Pendant que les banques de la sous-région cherchent des ressources longues en devises, la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) affiche une rentabilité en nette hausse. Selon le communiqué publié par l’institution le 26 octobre 2026 au Caire, son bénéfice net atteint 813,5 millions de dollars sur les neuf premiers mois de l’année, contre 654,3 millions un an plus tôt, soit une progression de 24 %.
Le produit brut augmente de 11 % à 2,7 milliards de dollars et la marge nette d’intérêts de 15 % à 1,5 milliard. Les prêts et avances nets passent de 33,5 à 36,2 milliards de dollars depuis fin décembre 2025 (+8 %). Le total des actifs et engagements hors bilan franchit 54,1 milliards de dollars (+12 %). Les commissions tirées des activités sans décaissement, comme les garanties, montent à 136,9 millions de dollars, contre 117,2 millions.
Le coefficient d’exploitation s’établit à 20 %, sous le plafond stratégique de 30 % que s’est fixé la banque. La rentabilité des fonds propres moyens reste stable à 12 %. Les fonds propres atteignent 9,0 milliards de dollars, dont 195,2 millions apportés dans le cadre de l’augmentation générale de capital, et le ratio de solvabilité (Bâle II) ressort à 22 %, contre 23 % fin 2025.
Le taux de prêts non performants remonte légèrement, de 2,43 % à 2,48 %. Les provisions pour pertes de crédit attendues passent de 481,3 à 537,6 millions de dollars sur un an. La part des actifs liquides recule de 15 % à 13 % du total. Côté refinancement, la banque rappelle avoir placé en juillet 2026 un emprunt obligataire de 1,5 milliard de dollars en deux tranches, sursouscrit environ deux fois.
Afreximbank finance le commerce africain par des prêts, des lignes accordées aux banques et des garanties. Une institution plus rentable et mieux capitalisée dispose de davantage de marge pour accompagner importateurs, exportateurs et banques locales. Pour les établissements burkinabè, maliens ou nigériens, l’enjeu n’est pas seulement l’accès à ces ressources, mais leur coût et leur durée, alors que les ministres sectoriels de l’UEMOA, réunis à Ouagadougou le 23 octobre, ont été appelés à miser sur la transformation locale du coton, des phosphates et du riz. Selon Denys Denya, premier vice-président exécutif, la banque entend poursuivre le financement du commerce, de l’industrialisation et des chaînes de valeur régionales malgré l’incertitude mondiale.
Reste une question pour les dirigeants de la zone : nos banques savent-elles capter ces financements continentaux pour les mettre au service des PME industrielles ?

