
Neuf mois, 18 milliards FCFA de bénéfice : Bank of Africa Burkina Faso accélère nettement, mais son portefeuille de crédits, lui, progresse à peine.
Selon le rapport d’activités du 3e trimestre 2026 publié à la BRVM le 26 octobre, le résultat net de la banque atteint 18,05 milliards FCFA au 30 septembre 2026, contre 13,45 milliards un an plus tôt, soit une hausse de 34 %. Le résultat avant impôt grimpe de 38,4 %, à 21,1 milliards.
Le produit net bancaire (PNB) s’établit à 45,7 milliards FCFA, en progression de 5,6 %. Un retournement notable : au premier semestre, le PNB reculait encore de 5,2 %, d’après le rapport semestriel publié en août. Les commissions, en hausse de 23,3 % selon le même rapport, contribuent à cette dynamique.
Au bilan, les dépôts de la clientèle atteignent 938,6 milliards FCFA (+6,9 % depuis fin décembre 2025), tandis que les crédits nets à la clientèle s’élèvent à 484,5 milliards (+2,2 %). Les crédits représentent ainsi environ 52 % des dépôts (calcul BFM).
Le contexte éclaire ces chiffres. Au premier semestre, l’amélioration provenait surtout de la baisse de 65,2 % du coût du risque, ramené à 2,4 milliards FCFA. Le rapport trimestriel ne détaille ni les frais généraux ni le coût du risque à fin septembre : impossible, à ce stade, de mesurer la part de chaque levier dans la performance des neuf mois.
Pour le système bancaire burkinabè, le signal est double. D’un côté, une grande banque cotée démontre sa capacité à restaurer sa rentabilité au fil de l’exercice. De l’autre, la prudence dans l’octroi de crédit persiste : l’épargne collectée progresse trois fois plus vite que les financements accordés. Pour les entreprises, notamment les PME, l’accès au financement reste donc l’enjeu central, alors que les dépôts dépassent largement l’encours de crédits.
Les comptes annuels 2026 diront si la reprise du PNB se confirme sur l’ensemble de l’exercice.
Les banques burkinabè peuvent-elles concilier rentabilité retrouvée et relance franche du crédit à l’économie ?

