
Trois banques, trois amendes identiques de 300 millions FCFA, et un même fil rouge : la conformité. Le gendarme bancaire de l’UMOA vient de rappeler que la gouvernance n’est pas une formalité.
Selon le communiqué publié par la BCEAO le 14 octobre 2026, le Collège de Supervision de la Commission Bancaire de l’UMOA, réuni en 155e session les 29 et 30 septembre 2026, a sanctionné trois banques, après audition de leurs dirigeants :
Chacune écope d’un blâme et d’une sanction pécuniaire de 300 millions FCFA, soit 900 millions au total. Le communiqué ne nomme pas les établissements concernés.
Le contexte éclaire la portée du signal. Lors de sa 154e session, tenue le 1er juillet 2026, le même Collège avait déjà infligé des amendes de 300 millions FCFA à trois banques, au Niger, en Côte d’Ivoire et au Burkina Faso, et retiré l’agrément de l’établissement financier sénégalais LOCAFRIQUE, placé en liquidation. En deux sessions, six banques de quatre pays ont ainsi été sanctionnées, pour un total de 1,8 milliard FCFA. Ces montants relèvent des deuxième et troisième catégories d’infractions prévues par l’Instruction n° 006-05-2018 de la BCEAO.
Pour les banques de l’Union, le message est clair : la supervision cible désormais en priorité la qualité de la gouvernance et des dispositifs LBC/FT/FP, et pas seulement les ratios. Investir dans la conformité, l’audit interne et la formation des équipes devient un enjeu de coût autant que de réputation, d’autant que ces exigences conditionnent aussi l’accès aux correspondants bancaires internationaux. Pour les entreprises clientes, il faut s’attendre à des contrôles « connaissance client » plus exigeants à l’ouverture de comptes et lors des transferts.
Faut-il voir dans ces sanctions répétées le signe d’un durcissement durable de la supervision, ou celui de fragilités persistantes dans la conformité des banques de l’UMOA ?

