
7,91 % pour la moins chère, 11 % pour la plus chère : au Burkina Faso, le taux de base bancaire varie de plus de trois points d’une banque à l’autre. Mais au sommet de la grille, la plupart se rejoignent sur un même chiffre.
Selon le tableau des conditions débitrices et créditrices des établissements de crédit de l’UMOA pour le premier semestre 2026, mis en ligne par la BCEAO le 26 octobre, 10 des 16 banques listées pour le Burkina annoncent un taux débiteur maximum de 14,00 %. C’est exactement le plafond applicable aux banques depuis juin 2026. Six banques se situent en dessous, de 12,00 % pour BDU à 13,50 % pour BCB et Ecobank Burkina. L’établissement financier Fidelis Finance Burkina affiche 17,00 %.
Côté taux de base, UBA Burkina est la moins chère (7,91 %), devant Ecobank Burkina, CBAO Burkina et la Banque Postale (8,00 %), puis Coris Bank International (8,50 %). À l’opposé, BABF atteint 11,00 %. Neuf banques sur seize pratiquent un taux de base de 9 % ou moins.
Côté épargne, la grille est plus homogène. Onze établissements fixent leur taux minimum sur les dépôts à terme à 3,50 %, et Vista Bank descend à 2,00 %. Chez les banques, les taux maximum vont de 5,00 % (BOA Burkina) à 7,00 % (Banque Postale), le plus souvent à 6,50 %.
Ces chiffres sont des barèmes affichés, et non les taux effectivement facturés ou servis : le coût réel d’un crédit dépend de la négociation, du profil de l’emprunteur et de la durée. Le document de la BCEAO ne publie d’ailleurs aucune moyenne nationale. Il donne néanmoins une photographie utile de la concurrence, dans une zone où le taux directeur principal de la BCEAO est fixé à 3,00 %.
Pour les entreprises, l’écart de plus de trois points entre taux de base invite à comparer les offres avant de s’engager. Pour les banques, l’alignement des taux maximum sur le plafond réglementaire réduit la marge de manœuvre sur les clients les plus risqués : PME, TPE ou particuliers sans garanties solides.
Avec dix banques déjà calées sur le plafond, la concurrence au Burkina se jouera-t-elle désormais sur le taux de base, ou sur l’accès au crédit lui-même ?

