
8,00 % pour la moins chère, 11,00 % pour les plus chères : en Côte d’Ivoire, le taux de base bancaire semble varier de trois points. En réalité, une seule banque descend sous 10 %, et près des deux tiers affichent exactement le même chiffre.
Selon le tableau des conditions débitrices et créditrices des établissements de crédit de l’UMOA pour le premier semestre 2026, mis en ligne par la BCEAO le 26 octobre, 18 des 28 banques listées pour la Côte d’Ivoire annoncent un taux de base de 10,75 %. BMS-CI fait exception à 8,00 %, devant BNI et Coris Bank International (10,00 %). À l’opposé, Afriland First Bank-CI, BICICI et Stanbic Bank atteignent 11,00 %. Hors BMS-CI, toute la grille tient dans un point.
Au sommet, le tableau est plus dispersé. Neuf banques seulement affichent un taux débiteur maximum de 14,00 %, niveau du taux de l’usure applicable aux banques depuis le 1er juin 2026 : Afrika Bank, BBG-CI, BHCI, BNI, Coris Bank International, Ecobank-CI, GTBank-CI, NSIA Banque-CI et Standard Chartered Bank-CI. Les 19 autres restent en dessous, jusqu’à 11,50 % chez Stanbic Bank. Les deux établissements financiers listés, Alios Finance (22,00 %) et Fidelis Finance BF-CI (19,50 %), demeurent sous le plafond de 24 % qui leur est applicable. Sept banques datent par ailleurs du 1er juin 2026 la dernière modification de leur taux de base.
Côté épargne, les écarts se creusent. Sur les dépôts à terme, cinq banques fixent leur taux minimum à 1,00 % (BGFIBank-CI, BNI, BSIC, Mansa Bank, Orange Bank Africa), quand BRM-CI ne descend pas sous 4,00 %. Neuf banques offrent un taux maximum de 7 % ou plus, BNI et BSIC culminant à 7,50 %. Stanbic Bank (4,65 %) et SIB (5,00 % au plus) restent en retrait.
Ces chiffres sont des barèmes affichés, et non les taux effectivement facturés ou servis : le coût réel d’un crédit dépend de la négociation, du profil de l’emprunteur et de la durée. Le document ne publie aucune moyenne nationale. Il offre néanmoins une photographie utile de la concurrence, dans une zone où le principal taux directeur de la BCEAO est fixé à 3,00 % depuis le 16 mars 2026.
Le contraste avec le Burkina, tiré du même document, est net : dix banques burkinabè sur seize sont calées sur le plafond, et neuf affichent un taux de base de 9 % ou moins. En Côte d’Ivoire, le point de départ est plus élevé, mais la majorité des banques n’a pas atteint le plafond.
Pour les entreprises, l’uniformité des taux de base limite l’intérêt d’une comparaison sur ce seul critère : la différence se jouera sur la marge appliquée, les garanties exigées et la rémunération des excédents de trésorerie. Pour les banques, entre un taux de base de 10,75 % et un plafond de 14 %, il ne reste que 3,25 points pour tarifer le risque des PME, TPE ou particuliers sans garanties solides (calcul BFM).
Avec dix-huit banques au même taux de base, la concurrence en Côte d’Ivoire se jouera-t-elle désormais sur le prix du crédit, ou sur la rémunération de l’épargne ?

