
De 7 % à 10,75 % : au Sénégal, l’écart entre les taux de base atteint 3,75 points, tandis qu’une majorité de banques affiche le même taux débiteur maximum.
Selon la grille de la BCEAO du premier semestre 2026, publiée le 26 octobre, 17 des 29 banques recensées annoncent un maximum de 14 %. Les douze autres se situent entre 7 %, à la Banque de l’Habitat du Sénégal (BHS), et 13 %.
Ce niveau de 14 % correspond au taux d’usure applicable aux banques depuis le 1er juin 2026 dans l’UMOA. Une précision compte toutefois : le respect du plafond s’apprécie à partir du taux effectif global (TEG), qui intègre les intérêts et les frais prévus par la réglementation, hors impôts et taxes. Le seul taux de base ne permet donc pas de mesurer le coût complet d’un crédit.
Côté taux de base, la BHS affiche 7 %, contre 10,75 % pour Bridge Bank, 10 % pour UBA et 9,70 % pour Ecobank. Seize banques sont à 8 %, dont CBAO, La Banque Agricole et Coris Bank.
Côté dépôts à terme, hors épargne réglementée, les minimums vont de 0 % chez SUNU Bank à 5 % à la BRM. Les maximums chiffrés culminent à 7,51 % chez BNDE et Orabank ; La Banque Outarde n’indique aucun plafond arrêté.
Ces chiffres décrivent des barèmes déclarés, sans fournir de moyenne nationale des taux effectivement appliqués. Ils ne suffisent pas à désigner une banque comme systématiquement moins chère : une comparaison utile doit porter sur des financements de même montant, de même durée et assortis de conditions comparables.
Cette photographie s’inscrit dans un environnement où le taux minimum de soumission aux opérations de refinancement de la BCEAO s’établit à 3,00 %, selon les indications affichées par l’institution au 28 octobre 2026. Ce taux monétaire ne constitue pas le tarif auquel les banques prêtent à leurs clients.
Pour les entreprises et les particuliers, ces écarts invitent à demander plusieurs simulations, puis à comparer le TEG, les frais, les garanties exigées et les modalités de remboursement. Pour les épargnants, la rémunération annoncée mérite également d’être rapprochée de la durée d’immobilisation des fonds et des conditions de retrait.
Avec autant de banques affichant le même maximum, la différence au Sénégal se fera-t-elle sur le coût total du financement, les garanties demandées ou la facilité d’accès au crédit ?

