
L’État guinéen demandait 2 500 milliards de francs guinéens (GNF) à l’épargne nationale. Selon des informations obtenues par Financial Afrik et publiées le 24 octobre, l’opération, clôturée le 23 octobre, a réuni 4 579,145 milliards GNF de souscriptions allouées, soit environ 183 % de l’objectif. Aucun communiqué officiel de résultats n’a encore été publié à ce stade.
L’emprunt obligataire par appel public à l’épargne a été lancé le 25 septembre, lors d’une cérémonie présidée par la ministre de l’Économie, des Finances et du Budget, Mariama Ciré Sylla. Ses conditions : un taux de 11 % par an, une maturité de 5 ans et une souscription minimale de 5 millions GNF, du 25 septembre au 23 octobre. Afriland First Bank en est le chef de file, au sein d’un syndicat de placement réunissant notamment Ecobank, Orabank, BCI, Vista Gui et AFG Bank. Selon la ministre, les fonds doivent financer des investissements publics inscrits dans la vision Simandou 2040, qui entend transformer les ressources naturelles en infrastructures, en énergie et en emplois.
L’opération avait suscité des craintes sur la liquidité du système bancaire. Le 7 octobre, lors d’une rencontre consacrée à l’emprunt, le gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), Karamo Kaba, a écarté tout risque de crise de liquidités, jugeant le montant modeste au regard des ressources disponibles.
Le contraste avec l’UEMOA est net. Au Burkina Faso, l’emprunt obligataire par appel public à l’épargne du Trésor public, ouvert du 12 au 30 octobre, propose 6,60 % sur 5 ans et jusqu’à 7 % sur 10 ans, selon l’avis de souscription. La comparaison doit toutefois tenir compte des écarts d’inflation et de régime de change entre le franc guinéen et le franc CFA.
Pour les banques de la sous-région, le succès guinéen confirme la profondeur de l’épargne domestique mobilisable par les États. Il pose aussi une question de fond : chaque franc placé en titres publics à rendement élevé est un franc qui n’ira pas au crédit aux entreprises. L’arbitrage est particulièrement sensible pour les établissements dont les bilans se concentrent déjà sur le risque souverain.
Le financement intérieur des États devient-il le premier concurrent du crédit au secteur privé en Afrique de l’Ouest ?

