
Décryptage. Ils étaient environ un millier ; il en reste à peine plus de 500. La BCEAO a retiré près de la moitié des agréments de la microfinance dans l’Union. Selon les propos d’Assa Sangaré Sèye, adjointe au directeur de la Microfinance et de l’inclusion financière de la Banque centrale, rapportés par Le Soleil le 22 juillet 2026, ces retraits visent des institutions en défaut sur les exigences prudentielles, la gouvernance ou les normes de gestion. Objectif affiché : protéger les déposants et restaurer la confiance.
Les chiffres montrent un secteur plus resserré mais en croissance. D’après la note de la BCEAO sur la situation de la microfinance à fin décembre 2025, l’UMOA comptait 524 institutions de microfinance (IMF), 4 838 points de service et 20,4 millions de clients, en hausse de 6,6 % sur un an. L’encours des dépôts atteignait 2 793,1 milliards FCFA (+13,6 % sur un an) et celui des crédits 2 937,2 milliards FCFA (+9,0 %). Le secteur prête donc davantage qu’il ne collecte.
Autre signal : la qualité du portefeuille s’améliore. Les créances en souffrance sont tombées à 219,0 milliards FCFA, contre 287,2 milliards fin septembre 2025. Le taux brut de dégradation recule à 7,5 %, après 10,3 % au trimestre précédent et 8,9 % un an plus tôt. Huit IMF restaient sous administration provisoire, dont une au Burkina Faso.
Le Burkina affiche l’une des dynamiques les plus fortes au dernier trimestre 2025 : +41,2 milliards FCFA de crédits (+9,6 %), la plus forte progression en montant de l’Union, et +23,3 milliards FCFA de dépôts (+4,3 %), selon la même note.
Le poids du secteur reste toutefois modeste : les IMF représentent 5,1 % des dépôts et 7,6 % des crédits des établissements de crédit de l’UMOA. Le dépôt moyen par client s’établit à 137 062 FCFA, le crédit moyen à 144 135 FCFA.
Pour les banques, l’enjeu est double : des IMF assainies deviennent des partenaires plus crédibles pour le refinancement et la distribution en zone rurale, mais aussi des concurrents plus solides sur la clientèle des TPE et des ménages. Pour les entreprises et coopératives, la consolidation peut réduire l’offre de proximité dans certaines localités.
Au Burkina, où la loi de février 2025 a refondu le cadre de la microfinance, la question se pose : la consolidation fera-t-elle émerger des champions capables de financer les PME, ou seulement des réseaux plus prudents ?

