
Un an après son lancement, la plateforme de paiement instantané de la BCEAO compte 175 participants et ouvre le paiement instantané à plus de 38 millions de personnes. Dès le 2 novembre 2026, les transferts interopérables de monnaie électronique devront l’emprunter.
Lancée le 30 septembre 2025 depuis le siège de la BCEAO à Dakar, la Plateforme interopérable du système de paiement instantané traite un paiement en moins de dix secondes, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, quel que soit l’établissement de l’émetteur et du bénéficiaire : banque, émetteur de monnaie électronique ou institution de microfinance. Un QR code standardisé permet aux commerçants d’encaisser sans multiplier les terminaux.
Les transactions interopérables de monnaie électronique dans l’UEMOA devront passer par PI-SPI. Pour les transferts nationaux entre personnes physiques, l’envoi sera gratuit jusqu’à 8 000 FCFA cumulés par jour, par utilisateur et par participant, sans limite du nombre d’opérations. La BCEAO estime que ce seuil couvre 75 % des transactions de monnaie électronique de l’Union.
Au-delà, les prestataires pourront appliquer des frais compris entre 0 et 0,8 % du montant hors taxes. La réception restera gratuite, sans plafond. À partir du 1er juin 2027, ces conditions s’appliqueront également aux transferts entre pays de l’Union.
Au 2 avril 2026, 80 participants étaient connectés : 59 banques, 9 émetteurs de monnaie électronique, 11 institutions de microfinance et un établissement de paiement. La BCEAO a fixé au 30 septembre 2026 l’échéance obligatoire pour les banques et les émetteurs de monnaie électronique, et au 30 juin 2027 pour les institutions de microfinance.
Wave, installée au Sénégal en 2018 puis en Côte d’Ivoire en 2020, a imposé des transferts facturés 1 % et des dépôts et retraits gratuits. Sur certaines tranches, les frais de retrait d’Orange Money au Sénégal sont passés de 700 à 150 FCFA. Au Burkina Faso, Sank Money, lancée en janvier 2021, a proposé des transferts gratuits entre comptes, seuls les retraits étant facturés à 2 %. Ces acteurs ont habitué des millions d’usagers à des transferts peu coûteux : PI-SPI arrive sur un marché déjà mûr.
Pour les opérateurs, la réforme pose un défi commercial : préserver l’équilibre économique des petits paiements tout en améliorant l’accès et la qualité des services. Pour les usagers, l’enjeu sera concret : vérifier les tarifs appliqués au-delà du seuil quotidien.

