
Élevage, vivrier, logement, PME de transformation, santé et éducation privées, énergie, export non-or : les comptes nationaux démontrent la demande, mais le crédit reste marginal. Chacune de ces asymétries est un marché en attente d’instrument.
L’élevage emploie 676 031 personnes et génère 437,7 milliards de FCFA de valeur ajoutée en 2024, pour une masse salariale déclarée de 4,0 milliards seulement. Le cheptel ne peut être nanti, l’assurance du bétail est inexistante et les circuits restent informels. Pistes : tierce détention dans des parcs sécurisés, warrantage-viande, assurance indicielle et financement de l’aval (abattage, chaîne du froid).
Le vivrier occupe 8,8 millions d’actifs et pèse 17,9 % du PIB, pour une productivité de 0,22 million de FCFA par emploi. Les investissements en « autres machines » ont doublé en volume depuis 2015, mais sur fonds propres. Pistes : leasing de tracteurs mutualisé, crédit intrants digitalisé via le mobile money, agrégation par les agro-industriels.
En 2022, l’investissement en bâtiments atteignait 516,7 milliards de FCFA, financé pour l’essentiel sur fonds propres des ménages. Ressources bancaires courtes et insécurité foncière freinent l’hypothèque. Pistes : refinancement via la CRRH-UEMOA et épargne-logement contractuelle.
Le solde commercial des produits transformés s’établit à −3 341,3 milliards de FCFA en 2022, alors que la valeur ajoutée manufacturière ne progresse que de 5,6 % par an. Le segment de 50 à 500 millions de FCFA, trop gros pour la microfinance et trop risqué pour la banque, est le territoire naturel du financement mezzanine.
Cliniques et écoles ont peu d’actifs mobilisables et des revenus perçus en espèces. Réponse : le crédit sur flux, par domiciliation des recettes de scolarité ou de consultations, et le leasing d’équipement médical.
Chaque industriel paie déjà son énergie de secours au diesel. Le solaire commercial et industriel remplace une charge existante par une charge inférieure, mais aucune offre bancaire packagée n’existe. Modèles transposables : sociétés de services énergétiques et leasing solaire avec contrat de performance.
Seules 29,4 % des exportations ne sont pas minières. Cajou, sésame et karité vivent du préfinancement de campagne, dominé par des traders étrangers. Pistes : lignes de crédit export adossées aux contrats de vente et affacturage international.
Dans aucun de ces secteurs le problème n’est la demande ; il tient toujours à l’inadéquation de l’instrument. Tierce détention, warrantage, crédit sur flux, leasing, garanties partielles, titrisation régionale : la boîte à outils existe. Ceux qui l’utiliseront les premiers trouveront des marchés sans concurrent.

