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Personnalité du mois · Octobre 2026
Si Salifou Traoré

Si Salifou Traoré

Directeur général de SanlamAllianz Burkina, président de l’APSAB

À la tête de SanlamAllianz Burkina depuis janvier 2021, Si Salifou Traoré possède plus de deux décennies d’expérience dans l’assurance. En 2025, sa compagnie s’est classée première en assurance non-vie au Burkina Faso, avec un chiffre d’affaires de 22,25 milliards de FCFA, en progression de près de 20 %. En le choisissant comme Personnalité du mois, BFM salue un parcours qui associe expérience, transformation et ambition d’élargir la protection financière au Burkina Faso.

Bien comprise et adaptée à ses besoins, l’assurance permet d’avancer avec davantage de sérénité.

Si Salifou Traoré

Repères

FormationDiplôme d’études approfondies en sciences économiques et de gestion (FASEG, Ouagadougou), puis Institut international des assurances de Yaoundé
DébutsCommence sa carrière à la SONAR
ParcoursResponsabilités de direction chez UAB Assurances, SOGERIS, Gras Savoye et Saham Assurance Burkina
Janv. 2021Directeur général de SanlamAllianz Burkina
DistinctionPrix du Leadership aux CEO Awards du groupe SanlamAllianz
2025SanlamAllianz Burkina, première en assurance non-vie

Entretien

Comment décririez-vous le marché de l’assurance au Burkina Faso ?

C’est un marché émergent, mais aussi résilient, qui occupe le quatrième rang dans l’espace CIMA, derrière la Côte d’Ivoire, le Sénégal et le Cameroun. Pourtant, le taux de pénétration de l’assurance reste faible : il ne dépasse pas 1,5 % dans l’ensemble des pays de la CIMA, contre environ 10 % dans des pays comme l’Afrique du Sud. Le potentiel de développement est donc important.

Quels sont les principaux freins au développement de l’assurance ?

Je vois principalement deux freins. Le premier est le manque de connaissance : une partie du public connaît encore mal l’assurance et son fonctionnement. Le second est la défiance. Certaines personnes pensent que l’assurance est réservée aux plus aisés ; d’autres ont le sentiment d’avoir dépensé inutilement si elles paient une prime sans déclarer de sinistre. Nous devons mieux expliquer les garanties, les exclusions et le fonctionnement des contrats.

Que change le rapprochement entre Sanlam et Allianz au Burkina Faso ?

La situation était particulière : la filiale d’Allianz avait déjà été cédée au groupe SUNU, il n’y a donc pas eu de fusion locale. Nous avons connu plusieurs évolutions de marque, de Colina à Saham, puis à Sanlam, avant d’adopter la marque SanlamAllianz. Nous bénéficions de la solidité financière et des méthodes de gestion associées au rapprochement des deux groupes.

Quel rôle l’assurance vie joue-t-elle dans l’économie ?

Elle permet de mobiliser l’épargne et, par exemple, de préparer la retraite. Cette épargne fait des compagnies d’assurance vie des investisseurs institutionnels : elles contribuent au financement de l’économie, notamment en plaçant des dépôts à terme auprès des banques ou en souscrivant aux emprunts obligataires de l’État.

En tant que président de l’APSAB, quels chantiers vous mobilisent ?

Deux chantiers importants. Le premier concerne la digitalisation des attestations d’assurance, avec des codes QR reliés à une base de données nationale, pour faciliter les contrôles routiers et lutter contre la fraude et la non-assurance. Le second porte sur le déploiement de l’assurance agricole indicielle : l’État subventionne la moitié de la prime, afin d’aider les producteurs à protéger leurs récoltes.

Comment le secteur s’adapte-t-il au contexte sécuritaire ?

Nous devons maintenir le contact avec les populations, notamment grâce aux solutions digitales. Nous proposons aussi des garanties adaptées, comme la couverture PIVT, pour politique, violence et terrorisme, qui intéresse aujourd’hui des opérateurs économiques, dont des sociétés minières.

Comment évaluez-vous la gouvernance du marché burkinabè ?

Le marché burkinabè présente de solides références en matière de gouvernance dans l’espace CIMA. Depuis que nous exerçons, aucune compagnie d’assurance n’a fermé ses portes au Burkina Faso. Les nouvelles directives qui encadrent plus strictement la distribution des dividendes renforcent aussi la solvabilité des compagnies.

Quel message adressez-vous aux citoyens et aux acteurs économiques ?

Je les invite à prendre le temps de poser des questions aux compagnies d’assurance et de mieux comprendre les garanties qui leur sont proposées. Dans un environnement économique qui reste incertain, l’assurance peut constituer un véritable filet de sécurité.

Lire l’entretien intégral, Édition N°03 p. 15
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